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 Caolan Shilliday • Relever un défi osé ?

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Matthews Kyers
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MessageSujet: Caolan Shilliday • Relever un défi osé ?    Mar 2 Mai - 3:36



Relever un défi osé ?
Alors que vous décidez de profiter de votre jour de repos en vous baladant dans les rues d'Edimbourg, une jeune femme très attrayante vous accoste en vous expliquant qu'elle vous observe depuis votre arrivée en ville ainsi qu'au Hearts. Pour elle, si le club est si bon, à l'heure actuelle, c'est grâce à vous et vous êtes, déjà, une légende à ses yeux. La discussion continue pendant une bonne demie heure, durant laquelle, entre deux compliments démontrant une certaine fascination envers votre personne, vous apprenez que cette jolie demoiselle s'appelle Alexiss, étudiante en troisième année d'Arts Modernes ainsi qu'elle aimerait que vous soyez son modèle pour son projet de fin d'année, elle vous décrit celui-ci en quelques mots : réaliser un tableau démontrant les beautés d'un corps nu.
© Pando


Alexiss Lachlan = Regen de Freya Mavor


~~
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Caolan Shilliday
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MessageSujet: Re: Caolan Shilliday • Relever un défi osé ?    Mer 10 Mai - 0:40

Au milieu de ce désert, il fallait que tu déclenches une mine
Le problème : c'est sur mon cœur que t'as marché
La revoir, en chair et en os, ne m'a pas laissé indifférent. Comme si je retrouvais une part de moi que j'avais un jour dû délaisser, pris par le temps, l'abandonnant pour quelques jours ou semaines qui se sont transformées en mois puis en années. En une éternité avant que je la retrouve, alors que j'étais déjà revenu à plusieurs reprises pour elle. Pas que, même si à certaines pauses dans mes saisons elle était devenue la principale raison de mon retour tout près de là où nous avions scellé une relation que je pensais indéboulonnable. Je me trompais sur toute la ligne, me mettais le doigt bien profondément dans l'œil à m'en rendre aveugle. Car si elle s'était volatilisée sans laisser le moindre mot sauf celui me blâmant d'avoir posé mon choix le premier nous concernant, j'étais en reste de ce que nous avions vécu. Pour le peu que je pouvais le considérer, avec celle qui est apparue à un moment charnière de ma vie et qui m'a montré comment il m'était loisible de goûter au lot que chaque jour pouvait apporter au quotidien.

Voilà que le destin m'autorisait à la recroiser, au détour d'un supermarché puis directement chez elle dans cette maison qu'elle n'a jamais quitté mais qui pourtant m'avaient intentionnellement montré portes closes quand j'avais refoulé la paillasse sous le carillon de la porte massive que j'avais pris joie à franchir il fut un temps. Elle m'ouvrait enfin, mais un peu tard, dans une époque trop éloignée par rapport à ce que nous avions défini entre elle et moi depuis notre première entrevue après s'être froissés, taquinés, chambrés, critiqués et permis finalement de s'offrir l'un à l'autre. Elle a entretemps changé. Quelque chose l'a rendue différente par rapport à ce que je l'ai connue il y a désormais quelques paires d'années. Elle a mûri, mais s'est-elle aguerrie avec le temps qui a passé? J'en doute. Quand j'ai vu la perdition dans le blanc le plus gris de ses yeux, j'ai compris qu'il n'y avait pas plus d'assurance dans ses considérations que dans ma certitude à m'assumer pleinement dans un futur proche. Les sourires échangés sont remplis de gêne, mais nous surpassons ce malaise qu'elle veut également laisser de côté. La discussion peine à se lancer plus loin qu'un Salut précédé d'un Hey. Et puis le déclic nous plonge dans des banalités, des envies de savoir comment ça va, mais des retenues sur la moindre allusion qui entrainerait vers des déductions qui ne peuvent plus avoir de sens vu nos dispositions. Vu ses dispositions. Révolue la période où la conquérir était un doux rêve. Maintenant y songer n'aboutirait qu'à foncer le pied sur l'accélérateur droit dans le mur. Des mots volent sur des tons discrets, discordant parfois dans des fréquences maladroites. Chaque fébrilité sursaute dans des bouts de phrases, et les minutes s'enchaînent. Les sujets s'orientent et vient un nœud plus complexe dans mon acceptation des faits. Si Kelsey m'a remplacé, je n'ai jamais eu vent des raisons de ce renouveau, de cette autre permission cachée par des faux semblants qui ne se justifient pas d'égal avec ses propos défendant que je n'étais en rien responsable du naufrage de notre union. Témoin impuissant devant le contre-courant pris en plein fouet quelques jours plus tôt, j'insiste à travers l'un de mes défauts et me jette dans la gueule du lion pour m'écorcher à vif dès que Kelsey débute :
- C'est que lui, il a…
- Ce que moi je n'ai pas.


Je me suis emporté sur l'instant. J'étais encore certain que ce que je lui avais caché mais pourtant révélé très vite dans notre relation, ça l'avait affecté, rendue méfiante, toujours plus qu'avec les autres. Qu'avec cet autre qu'elle fréquentait aujourd'hui. Je n'ai pas la manière pour m'y conformer et tenir compte de ce qui a changé entretemps, alors je compare même si au fond les parallèles sont à peine crédibles. Kelsey semble être passée à autre chose. Pas moi. Sale aveu d'un gosse à nouveau en perdition. Désormais je connais le terrain dans lequel je me noie à répétition plutôt qu'à l'envie. Le labyrinthe de mes pensées me guide inéluctablement vers cette destination désormais inatteignable. Alors je reste devant, contemple l'impossible et ne me résous qu'avec difficulté à faire l'impasse. Du coup, je ne vais nulle part ailleurs. Je reste planté et attends d'à nouveau relancer un questionnement qui me mènera à me retrouver devant ce mur infranchissable. Il m'arrive de caresser du bout des doigts cette barrière impénétrable, mais plus jamais je ne trépasserai vers cette zone conflictuelle interdite.

Si elle avait coupé les ponts, c'est que Kelsey le voulait d'une certaine manière. Motivée ou pas par mes décisions de partir, sans oser concevoir que j'allais un jour revenir, elle a prolongé l'effet de mes actes à une situation pouvant être jugée définitive. C'est bien ça le football quand t'es fan : toute sortie est considérée comme telle, d'après l'arrière des tickets d'entrée. Je me retrouve à nouveau face à un dilemme la concernant, comme si un seul ne m'avait pas suffi et comme si un âge plus avancé m'empêcherait cette fois-ci de choisir la mauvaise option. Echouer à propos de Kelsey a semblé être inscrit dans mes gênes, alors à quoi bon s'en faire si je suis assuré de foirer, de merder, de capoter, de décevoir, de clairement ne pas être à la hauteur, d'être minable. A quoi servent ces larmes qui me remontent sous la peau pour attendre leur triste sort suspendu à la jointure supérieure de ma cloison nasale avec de chaque côté un globe oculaire? A quoi ça sert encore d'avoir ce soupçon d'espoir? L'aperçois-je à portée pour me tuer encore de cette distante proximité? Je ne devrais pas rester là, mourir a été effacé de ma wish-list. Je sais qu'elle ne me retiendra pas, elle qui n'aura le temps d'y repenser qu'après et s'en faire une idée car elle est plus raisonnée que moi spontané. Que ma décision serait la nôtre comme lorsque j'ai mis le cap sur le pays voisin, tout le contraire de mes retours décidés par nulle autre qu'elle en ce qui nous concerne. Des fragments, rien de moins. Rien de plus que des bribes restantes : celles qui n'influencent pas les sentiments. Ou qui ne devraient pas malgré qu'elles aient conservé ce goût prononcé de bonheur abandonné.

- Tu devrais penser à toi, à faire ton propre bonheur sans calculer une implication de la part de quelqu'un d'autre.
- Même après en avoir été privé depuis mon départ pour la France, je ne t'ai jamais dissociée de mon bonheur.
- Tu es parti, en faisant tes choix.
- Je prends les responsabilités, ne t'inquiète pas pour ça.
- Caolan, tu n'as pas..
- Ce que lui a, j'ai compris tu sais.
- Caolan, ne recommence pas avec ça. Je pensais avoir été compréhensive et claire à ce sujet !
- Tu as été très claire, Kelsey.
- Je n'en ai pas l'impression pourtant !
- Ne te fie pas aux impressions. Je peux te dire qu'elles en déroutent plus d'un.
- Tu vois, tu recommences.
- Si tu le dis.
- Tu te vexes en plus.
- …
- J'ai raison, admets le que tu recommences. Tu le sais très bien.
- …
- Ca y est, t'es reparti, tu vas t'énerver dans trois secondes.
- Ne joue pas à ça.
- A quoi ?
- Ne me pousse pas dans mes derniers retranchements, car tu ne voudrais pas savoir ce qu'il se passe ensuite, même si tu dois facilement te faire une idée du genre de gars que je suis.
- Aucune idée, je ne demande qu'à voir.
- Tu ne voudrais pas voir ça, crois-moi.
- Pour quelles raisons, dis-moi.
- Arrête tout de suite, ce serait mieux d'en rester là. Pour nous.
- Pense à toi. Et on est chez moi, donc si tu veux t'en aller, tu trouveras la sortie comme un grand. Et tu sais ce que cela signifie. Ce ne sera d'ailleurs pas la première fois.
- T'en as d'autres des idées suicidaires ?
- Ton choix, je te répète. Et tu as depuis assez longtemps refoulé ces pensées morbides de suicide.
- Qui te dit que je n'ai pas replongé ?


Mon visage s'était soudain refermé. Je ne crois pas trop ce que j'ai dit. A vrai dire, ca m'était revenu ce genre de fin alternative à une vie. Etait-ce à cause de ce raté dans lequel j'avais placé trop d'espoir pour encaisser l'échec ? Ou était-ce plus globalisé aux conséquences de mon exil à Lyon, loin de tout ce qui m'importait ? A reculons je regagne la porte d'entrée alors que Kelsey avance d'un pas, le bras ballant comme si elle se précipitait pour me retenir. Ma tête doit sûrement me jouer des tours. Je passe le perron, me retrouve dehors où je sens mes membres inférieurs refroidir drastiquement avant que tout me corps ne se raidisse. Un écran blanc m'enlève celle pour qui j'aurais donné ma vie, alors que j'ai toujours la main comprimée sur la poignée. Qu'est-ce que j'attends pour lâcher, et faire ce pas en avant.
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Caolan Shilliday
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MessageSujet: Re: Caolan Shilliday • Relever un défi osé ?    Lun 5 Juin - 18:22

Se perdre pour se retrouver; se rapprocher pour s'éloigner
Jusqu'au point final une chance sur deux nous est accordée
L'ai-je rêvé ou était-ce réel ? Je me réveille à l'instant dans ces draps trop communs. Mon corps qui s'étire pour la première fois de la journée se retrouve le nez contre ce matelas à l'odeur reconnaissable d'entre mille. La clarté manque à la scène qui pourrait être l'une de celles du quotidien, qui a déjà été vécue plus d'une fois mais dont les traits pourtant semblent se dessiner sur un croquis à moitié effacé. La précision s'adapte sur des nouvelles lignes de contour, modifiées, peut-être pas améliorées mais reconsidérées. L'étrange de la nuit plane dans la pénombre à laquelle ma vue s'acclimate à nouveau au bout de quelques minutes. Les formes sur ce matelas, les ondulations corporelles qui plient et déploient cette couette partagée. Mes narines inspirent jusqu'à leur expiation ces cheveux qui sont l'unique partie visible à mes côtés. Aveuglé par l'obscurité, je m'en remets à mes autres sens. Trop paisible pour se fier à mon ouïe qui ne décèle pas plus de signe de vie que d'activités dans les canalisations de cette demeure. Tout passe par l'odorat ce matin. Ou ce midi, je ne saurais dire sans aucune notion du temps. Peut-être derrière ces volets fermés il y a-t-il un soleil à son zénith. Peut-être n'en sommes-nous encore qu'à l'aube. Pas de cette histoire à laquelle nous nous permettons une extension qui n'a rien de mortelle. Mais de cette journée à laquelle je prêterais volontiers mon demi-sourire.

Nous nous sommes accordé ce que nous faisions de mieux du temps où nous passions du temps ensemble, rien qu'à nous. Elle s'est permis de me permettre ce que pendant l'espace d'un instant elle a fini par autoriser; ce dont elle s'est longtemps préservé de vivre, à l'occasion animée par cette acceptation d'être désirée. Mais pas trop, sous prétexte de ne pas le mériter ou de ne pas en avoir besoin. Le plaisir, il était pour moi. De le lui donner à elle. Ce n'était pas trois fois par semaine, loin de là. Très loin de là. Mais dans la ponctualité, il y avait cette incertitude à savoir si. Et à déterminer quand cela nous prendrait d'arrêter un instant de penser au mal que nous pourrions nous faire. L'effet non pas de surprise mais d'appréciation en temps voulu que les choses se déroulent comme elles se seraient présentées. Par euphémisme, je dirais que souvent le stress et les quelques douleurs éprouvées le long de sa colonne vertébrale ont toujours eu bon dos. Je me portais garant de sa relaxation. J'adorais la détendre, aussi bien que je réussissais à la décrisper de ses journées ou de sa nerveuse tendance à dramatiser pour pas grand-chose. Elle m'a toujours rappelé tacitement combien je n'étais pas aussi inutile ou du moins combien mon existence n'était pas aussi insipide que ce que la vie pouvait à forcer me le faire croire. Ce n'était non pas la cerise sur le gâteau, car notre relative alternative avec ces retrouvailles ne reconnaitrait plus la métaphore. Il faudrait alors imaginer plusieurs gâteaux d'après la situation actuelle de Kelsey, et donc le problème se poserait de savoir sur lequel placer le fruit du délice. La date d'expiration du mien étant certainement échue. C'était plutôt un dessert, savouré bien après la clôture du repas. Gourmandise ou fringale. Tentation ou bien-être.

Un dessert dans sa forme la plus alimentaire aurait à peine survécu l'espace d'une minute, selon notre avidité à le dévorer. Ce dessert-là s'est étalé sur plusieurs heures, et c'est nous qui avons fondu sous ses effets. Le froid que la fin du printemps amène encore par les fenêtres entrouvertes n'était pas invité sous cette couverture qui avait la force de réchauffer mon cœur au même titre que mes membres endoloris par une journée oisive où c'est mon esprit qui s'est animé quant à deviner les meilleurs choix à poser sur ce moment, par rapport à cette ultime permission avant la fin de la pénitence. Avant même de s'y consacrer, je n'aurais pas pensé que la grâce m'aurait ainsi été accordée. Je venais en je ne sais quelle qualité, avec mon sac bourré de défauts que je transporte depuis si longtemps et qui ne se vide que très rarement, et trop peu pour en être un jour débarrassé. Le propre de l'homme, dirons-nous, qui s'accapare une liste non exhaustive de ce qui pourrait le rendre vulnérable au vice, à la culpabilité, à la pitié. Même si je ne veux surtout pas en recevoir, il y en aura toujours à mon égard, car le monde est ainsi fait : les gentils, les trop gentils, les faux gentils, les vrais méchants, les damnés, et les condamnés. L'homme n'est jamais juste; il n'est jamais équilibré. Il tend toujours vers un côté quel qu'il soit. Souvent par penchant naturel de ses prédispositions, ou alors par aversion de l'autre éventualité qu'il pourrait se forger de son comportement. Il inflige ou il s'afflige du sort d'autrui. Il est libre de décider, même si dans sa tête les mécanismes sont déjà en place pour le guider à réagir de manière A ou B au cours de ses interactions sociales. Alors évidemment, quand quelqu'un se garde de commentaires et admet dans un silence entrecoupé de respirations que je puisse imaginer exister pendant une minute ou deux. Ou plus encore. Je prends, je ne demande pas mon reste et je vis. Je laisse mes sens me guider, je laisse l'envie prendre le dessus malgré ma libido défaillante qui n'aura de cesse de me plomber les moments les plus altruistes de nos écarts. Mon corps réagit en décalé, je le connais avec le temps et les rares errances que je me permets. Alors je ne demande jamais rien pour éviter la frustration tant chez moi de ne pas en profiter à la hauteur du bienfait, que chez la personne qui prendrait ainsi soin de me réconforter dans l'idée que je puisse vibrer davantage que ce que je pense vraiment ressentir. Je préfère de loin la sublimer à la manière d'une œuvre peinte sur laquelle les traits sont dessinés à plusieurs reprises, mis en avant par un toucher de pinceau plus vif puis plus léger. Je préfère être l'admirateur, examinant chaque angle sous des perspectives interchangeables, plutôt que d'être le sujet d'une recherche artistique dont la fiabilité laisserait à désirer. Je n'aime pas mon corps, clairement peu à y trouver une quelconque satisfaction à la vue de cette carcasse vidée depuis longtemps qui ressemble à peine à quelque chose de présentable. Alors je profite du sien. Je ne m'y glisse pas plus qu'à la plus douce des distances atteinte quand  l'adhérence de nos tissus ouvre la voie à des conséquences fiévreuses. Maladif d'être aussi bien dans sa peau, la mienne, qu'en sa compagnie, la sienne. Est-ce aussi critique que ces incohérences mentales qui dérégulent un cerveau gangréné jusqu'à la moelle ? Ai-je temporairement quitté un état défaillant pour tomber dans un autre traquenard de mon inconscient. Je m'en fiche, je peux crever demain que ca ne change rien : elle a placé le bonheur dans mon âme, et le moteur ne cesse de tourner dans cet habitacle piégé. Comme dit précédemment, rien de tout ca n'est mortel, et tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort. Sauf que moi je suis déjà mort. Alors je m'en fiche, Enfer ou Paradis, je choisis dans l'immédiat l'exquis. Je me repentirai plus tard, je n'en ai que faire. Je n'exige même pas d'être absous, blanchi de mes actes. J'assume aimer quand j'en suis là. Ca m'est nécessaire d'assumer, car je sais que je dois m'acquitter de ce qui ne sera qu'éphémère pour ne pas changer. Une pause, un encas, que je déballe et dont je sais que le stock s'amenuise. La boîte se vide. Ca m'emplit. Sa présence, l'oubli de mon absence. Temporaire, car rien ne s'efface. Je tremble comme si je manquais encore d'assurance. C'est le cas. Des paramètres qui ne sont pas totalement corrigés, d'une longue liste d'imperfections à rectifier pour mieux avancer. Je frémis à l'idée … A laquelle d'idée ? Au pire, comme j'ai fit je m'en carre. Je fais abstraction de tout questionnement, je ne porte mon attention que sur Kelsey.

Ca me calme, un instant, pour repartir de plus belle. En mieux. En moins consternant. En paix. Sans agitation superflue. Elle n'est jamais plus calme que quand elle est allongée. Elle ne se plaint jamais aussi peu que quand elle est étendue de son long sur un matelas qu'elle a appris à chérir lors de ses meilleures années. Celles évidemment d'avant notre rencontre. Elle n'est d'ailleurs pas du genre à exprimer si volontiers sa contrariété. Réservée jusque dans les tranchées les plus discrètes qu'elle se creuse pour y mener son quotidien, elle a rarement été plus loin que la peu convaincante confirmation de traverser une difficulté. Je me suis à maintes reprises heurté à ses explications brèves, du moins quand j'y avais faiblement droit. Ce qui a transformé chaque morceau qu'elle délaissait en une pièce d'une telle valeur que j'aurais entrepris une collection à son unique nom. Transmission collector. Des moments gravés qui ont séparément tous valu plus qu'une tonne d'or. Et le couronnement quand elle s'endort, d'autant plus sous l'action de mes doigts aux méandres de ses parois. Je la sacrais reine, je m'y consacrais jusqu'à la dévotion. Pas un seul pardon, mais ne recherchant que le bon. Mon désir s'est littéralement inscrit dans sa peau, à chaque palpation plus pénétrante à travers la chair de ses côtes avant de laisser mon pouce glisser le long de son échine jusqu'à sa nuque.

La fin différée commence de la même manière que les premières lignes de ce même chapitre, ellipsé par une séparation des temps modernes : l'aventure associée à la passion, l'autre qui me colle aux pieds depuis le plus jeune âge. Laquelle est véritable, si ce ne sont les deux ? Celle pour elle, mais plus seul pour elle. Comment je peux discerner qu'elle n'est pas aussi ancrée qu'elle en a l'air ? C'est si vivant. Ces contorsions et ces soufflements jusqu'à l'extinction. L'accalmie qui fait réapparaître ma main à la surface. Celle-ci se fixe à une épaule ou enserre la taille à cause de ma bouche qui s'est déjà accaparé l'omoplate laissée en exposition. Je saute dans le trou noir de la nuit, le front contre une cervicale ou la liberté rendue par le bourreau à sa victime, et je sais que j'en reviendrai. Une question d'heure pour que je me redresse dans ce lit avec les plus maladroits des déplacements qui secouent ce qui fut l'espace d'une courte période de notre vie commune le cocon qui ne nous a pas déçus quand nous nous y retrouvions. Rien ne semble avoir bougé entretemps, avec cette même réalité paisible. Je trouve le chemin à tâtons, la configuration de sa chambre en mémoire, vers la porte qui débouche sur le couloir de l'étage. A chaque pas, je louche vers l'oreiller où repose cette tête. Vers ces draps où se décontracte ce corps. Vers ce qui a suffi  à ma nuit. Elle.
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MessageSujet: Re: Caolan Shilliday • Relever un défi osé ?    Ven 30 Juin - 21:54

Dormir éveillé nous amène à confronter nos pires cauchemars, tandis que rêver nous permet de danser pieds nus dans le noir
Je suis parti de ce petit paradis et nous ne parlerons pas de ce qui s'est passé, de cette curieuse façon de se rapprocher, de nouveau. Comme si ces caresses n'étaient que le prolongement délicieux de l'épisode que nous aimions regarder pour la tantième fois. Nous garderions désormais nos distances et c'était bien ainsi. C'est parfois formidable de se comporter comme des adolescents. Ca repose. Le calme avant la tempête, l'accalmie avant les tourments. Je m'étais à peine éloigné de quelques pas après avoir veillé à ne pas faire de bruit en refermant la porte de la chambre, qu'un bruit de talons claqua dans le tournant qui mène vers l'escalier. Aucune encoche dans laquelle me dissimuler. A quoi bon? Se cacher n'a jamais fait qu'amplifier la peur du rejet en s'éloignant soi-même de ceux que nous pensions être néfaste, ou dont nous pensions être nous-mêmes néfastes à leur quotidien. La mère de Kelsey surplomba le vide du rez-de-chaussée, culminant sur la dernière marche, plus qu'étonnée de ma présence dans leur donjon où ils retenaient la princesse de ce royaume. Qui pourtant ne semblait pas s'en plaindre à outrance, contrairement à sa génitrice qui minauda :
- Caolan. Que faites-vous chez nous?
- Rien de spécial.
- Vous êtes venu embêter notre fille? Vous savez que vous n'êtes..
- Plus le bienvenu? Ca ne date pas d'il y a peu.
- Nous voulons le meilleur pour Kelsey. Et elle semble avoir trouvé les bonnes relations dans sa vie.
- Nous n'avons pas la même notion de ce qui pourrait être meilleur pour elle. Mais je ne suis pas là pour débattre.
- Je pense que nous sommes les mieux placés concernant notre fille.
- Evidemment. Gardez vos idées si c'est ça votre excellence.
- Toujours plus appréciable que l'insolence, Caolan.


Les parents de Kelsey ont toujours eu l'art de d'abord me mettre mal à l'aise, et puis de me dégoûter de ces professions libérales qui permettent de construire des grandes maisons avec toute la dernière technologie en place pour se croire au paradis du bien-être familial. Un confort duquel ils n'oseraient jamais sortir un pied, trop craintifs d'être contaminés par ce qu'ils qualifieraient de gens ratés ou malchanceux si leur ton hautain parvenait à être cadenassé sous des valeurs humaines plus importantes que la dominance sociale. Je n'ai pour ma part aucune gêne à me balader par-dessus leurs principes conventionnés, et à n'en faire qu'à ma tête. Je m'interpose verbalement quand Katherine me double en direction de la chambre de sa fille dans un but particulier :
- Je pense qu'elle dort encore.
- Donc vous n'avez plus rien à faire ici.

Sa réponse, sèche et d'un trait, ne pourrait ni être confirmée ni réfutée. Par respect pour la famille de Kelsey, j'excluais de m'emporter face à sa mère. Ca m'exige beaucoup de self control que je n'aurais sûrement jamais pu afficher si cette situation s'était présentée des années plus tôt. J'ai toujours voulu changer cette destinée dès le jour où elle est apparue plus flagrante que je doive émettre des réserves quant au bonheur que je ne pensais plus revivre un jour. Mais la destinée elle-même se rappelait à moi, et ses indications ne manquaient pas d'être parfois assez claires. Ma place est dans un autre ailleurs; pas ici.

L'entêtement est toutefois un défaut qui nous fait prendre des décisions inconsidérées, alors j'y retourne, tournant le dos à l'orage grondant d'une voix menaçante:
- Caolan !! Elle aime un autre homme, vous le savez !
J'ignore la dissuasion et me renferme dans la pénombre pour un dernier aller-retour dans ce lieu privatif où je ne dois la permission de ma présence qu'à la chance d'avoir rencontré Kelsey et de l'avoir laissé prendre ma main pour me guider vers des temps meilleurs, vécus à deux, touchés du doigt, et aujourd'hui conservés dans un idéal qui restera enfermé dans un imaginaire : le mien et uniquement le mien. Je me plante à un mètre tout au plus du pied du sommier où se repose la belle. J'ai envie de parler, beaucoup. De poser des questions, des tonnes, en commençant par la confirmation des dires de sa mère. Mais rien ne s'assemble entre l'esprit et le corps, et dans le noir je profite de son accalmie que je ne veux pas perturber. M'en voudra-t-elle d'être parti sans l'avoir réveillée? J'en doute, elle qui ne paraît pas plus heureuse avec ou sans moi. J'ai laissé passer quelque chose, et il n'y a pas de retour en arrière. Alors, elle ouvrira les yeux sur ce qu'elle aura pour le reste de la journée, puis de la soirée et de la nuit qu'elle occupera à sa manière, pendant que je penserai à ce qu'elle pourrait bien avoir décide de faire. J'aurai des idées, tant de ce qui est possible que de ce qui ne l'est pas. Ou plus. Je baisse la tête vers je présume mes pieds ou au moins le carrelage, et souris inutilement. Nerveusement. Avant de ressortir, le tas de questions qui n'a pas décollé de mon crâne.

- Vous avez un sacré toupet !
- Et vous une fille formidable.
- Ca suffit maintenant, Caolan ! Vous perdez votre temps, autant franchement vous le dire. Kelsey a changé, est devenue mature.
- Je pense connaître un tant soit peu votre fille, pour savoir que je ne dois plus traîner longtemps dans le coin. Non parce que ce que vous vous offusque que je sois là, entre nous ce que vous pouvez penser, les idéologies en bois auxquelles vous adhérez, je m'en contrefiche. Mais je vais partir. Pour elle. Uniquement pour elle.

J'avais un terrain d'entente avec celle qui me mettait en conflit perpétuel, mais j'assumais ms positions. Quoi qu'il en est, le nom de Corbisiero je suis voué à progressivement l'oublier. Je n'y parviendrai jamais, mais atténuer ce qu'il représente pour moi est un travail de longue haleine dont je suis déjà en train de mâche le premier chewing-gum du paquet. Cette fois-ci, c'était la grande porte d'entrée que j'emprunte. Je ne réussis pas à avancer sans me retourner, mais ce n'est pas la mère qui me retiendra. La seule qui détient ce don est immobile dans son lit, dans une position que je lui connais trop bien. Qui lui colle à la peau. Une habitude que mes mains ont trop souvent prise, mais dont elles seront désormais privées. Pour le bien-être de tous. Foutaises. Mais bref, tournons la page. Et écrivons en une autre. Ou autre option : interlude.

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MessageSujet: Re: Caolan Shilliday • Relever un défi osé ?    Mer 26 Juil - 0:39

Si tu pars prendre les commandes en éclaireur,
Méfie toi de ce que pourrait te réserver la petite soeur
- Salut, c'est Alexiss, le texto hier pour ma promotion.
- Qui ca? Je n'ai pas lu mes messages.
- Oh. Alexiss Lachlan. Je suis étudiante en Arts Mo...

Quand je parlais de messages, ce sont les vocaux après le partage du match aller des barrages pour la Ligue des Champions face à une autre équipe du Nord de l'Europe, mais du côté des allemands en carton. Pas besoin de ramener le souvenir de la finale des Jeux Olympiques perdue face à eux. Les écrits par contre, je les ouvrais tous, pour au moins en lire le contenu dans ses grandes lignes. La déclamation de son statut a fait sauter deux neurones dans mon cerveau qui ont relié l'information à l'intégralité de sa surprenante sollicitation devant laquelle je suis resté bouche bée les yeux longtemps figés sur mon écran. Le genre de blague qu'un coéquipier peut faire avec le numéro de sa copine ou plus précautionneusement pour lui de sa soeur. C'était donc réel, ce que je n'ai pas permis à mon imagination de le concevoir. Sa venue à l'issue de la première séance d'entrainement dispensée entre la double-confrontation me permet de mettre un visage sur le nom, et de remarquer ce hoquet de déception au moment de lui avouer ne pas être le meilleur gars au monde à ne pas se préoccuper de ce qu'on lui veut par téléphone. Je me rachète à ma manière :
- Je remets, d'accord. Enchanté. Caolan.
- Ahah, je sais. Alexiss du coup. On peut discuter, tout en marchant?
- Oui, c'est bon.

Deux déceptions en l'espace de quelques instants, ce ne serait pas humain, je sais de quoi je parle. Autant le lui épargner. Un premier compliment ne tarde pas à sortir de sa bouche, ce qui montre qu'elle a déjà tiré un trait sur ma mauvaise personnalité, suivi d'un second une poignée de minutes plus tard. Nous ne foulons pas la pelouse au ralenti, mais en slow motion. Aurais-je droit à un troisième qualificatif gratifiant d'ici à ce que nous quittions la verdure pour pénétrer dans l'enceinte des bâtiments en briques? Difficile à juger, tout peut aller si vite! Mais non, nous traversons désormais les couloirs de la piste d'athlétisme qui entoure le terrain, et pas d'autre superlatif ne m'a alors encensé. J'en aurai bientôt plusieurs supplémentaires une fois à l'intérieur.

Ca afflue, ca inonde mon amour-propre, c'est toujours bon à entendre des inconnus vous couvrir de qualités. Malheureusement c'est également mal me connaître, aussi talentueux je peux me révéler lors d'un match. J'ai mon penchant de défauts, de failles. C'est ce qui différencie clairement cette Alexiss de Kelsey. Celle qui sait exactement qui je peux être n'exclut pas le superflu qui m'enlaidit. Elle en fait abstraction quand il s'agit de ne pas s'en préoccuper, mais elle ne l'ignore pas pour autant. Trois mois d'ailleurs que je n'ai plus aucun signe de sa part, depuis cette nuit contrastée. Je ne m'inquiète pas, car je sais qu'elle continue son train-train auquel elle s'est adaptée. Je ne cacherai pourtant pas qu'avoir des nouvelles ma ravirait, mais je ne m'enthousiasme pas trop à cette hypothèse aussi probable que le meilleur des happy endings dans un film de Ridley Scott. Je me demande où elle se trouve en ce moment-même, et ce à quoi elle est employée. Est-ce qu'elle pense à moi. L. O. L. Est-ce que mes divagations se déchiffrent sur mon visage pour que le regard d'Alexiss passe de ma joue droite à la gauche et inversement à trois reprises d'affilée sans ne plus prononcer un seul mot? Suis-je comme un livre ouvert à la page du résumé le plus clair de son intrigue? Est-elle capable de lire en moi? Est-ce que j'ai de quoi la craindre? Me fait-elle flipper avec ces portraits de nus qu'elle envisage? Comment la renvoyer à ses moutons pour qu'elle me foute la paix et se trouve un modèle à la hauteur de ses aspirations? Elle semble passionnée dans sa vocation, mais ca l'amènera à quoi de peindre? Ce n'est pas un métier!

J'éclate de rire lorsqu'elle se décide à me rappeler pourquoi elle me flatte depuis l'heure que j'ai à peine vue défiler. Sa franchise est louable, mais elle exige trop de moi d'un coup là. Je trouve que la finalité dans sa démarche frôle le ridicule, et ne manque pas de le mentionner. Sa détermination n'en est pas atteinte et elle retrace les desiderata de ses professeurs pour me convaincre de lui servir d, de mannequin, de cobaye. Tout ca pour un diplôme qualificatif qui lui ouvrirait les portes de prestigieuses écoles américaines et français. Génial, la belle jambe que ca me fait ! Epilée, de préférence, bien que je m'en foute. Si seulement, Alexiss se rendait compte de la personne à qui elle s'adresse pour lui venir en aide. La pauvre. Elle paraît si pleine de bonnes intentions, que ca me déchire presque de la remballer. J'y mets les formes, essaie du moins. Mon après-midi est en voie de lui être totalement consacré, alors je suis parfois à deux doigts de l'envoyer chier parce que trop soûlante. Sa compagnie en fait est intéressante. Excepté le fait que l'art et moi, c'est comme le Celtic et le fair-play : peu attiré l'un par l'autre. Alexiss tient la route et n'en démord pas, mais elle s'essouffle au bout de plus de deux heures d'une discussion à sens unique. Elle dégage un certain aplomb qui inspirerait le respect, peut-être trop sûre d'elle de penser que je céderai à ses avances. En tout bien tout honneur, je tiens à ce que cette partie là sois respectée. Une rencontre d'une journée l'oblige, et puis je ne suis pas en mesure d'offrir davantage, autant être clair dès le départ. Têtue, elle présume que c'est une question de temps. Mauvaise analyse d'une situation dont elle ne possède pas une seule pièce du puzzle pour la comprendre. C'est que je garde la boîte sous cello.

- Rappelle moi quand tu te sentiras disposé à le faire. Je ne suis pas à un jour, ni à une semaine près, prends ton temps.
Sans se brusquer devant mon incertitude à accéder à sa requête, elle ne se désempare et me laisse réunir mes affaires afin de regagner mon appartement en bord de ville. C'est elle qui part avec une question ouverte, c'est donc à moi de revenir vers elle grâce à son numéro que je lui laisse encoder dans mon téléphone et appeler pour qu'elle dispose ainsi du mien. Si seulement ce pouvait être pareil avec Kelsey, ce genre de procédé... Les jours suivants, je me remets à penser à l'initiative d'Alexiss laissée de côté, à son toupet de me demander d'être au centre de sa thèse de fin d'études. Une dinguerie que je suis obligé d'évaluer à côté de ce que je traverse. Sur le plan carrière avec mes premières saisons en professionnel, comme sur le plan privé. M'exposer dans le travail de dernière année d'une étudiante universitaire, mais dans le sens le plus littéraire de l'exposition : moi nu, et la projection de ce qui en ressortira sous le pinceau ou le crayon de cette fille à peine plus âgée que moi, loin d'être une artiste accomplie qui brosserait mes imperfections pour accentuer les rares angles appréciables sur moi. En mon âme et conscience, je refuse d'en parler avec mon agent Ronnie. J'ai mes raisons, et je ne veux pas qu'il interfère dans cette histoire où sa position sera certainement très catégorique. Pour qu'il me rie aussi au nez, non merci, je m'en passe volontiers. Je ne trouve pas la situation amusante, bien que je ne sois pas le dernier à m'en marrer.

Lourde décision à prendre, peut-être me serait-elle bénéfique dans l'optique d'en finir pour de bon avec ce tas abominable de craintes. Baisser ma garde une fois pour toutes, prendre l'estocade de plein fouet, goûter le sol le plus dur qu'il puisse exister, trimer pour se relever de cet atroce coup de poing au coeur de mon ego, et me redresser pour que mes démons d'hier aient été terrassés. Entrevoir un avenir plus radieux, accepter le soleil, lui permettre toute la place qu'il voudra dans un quotidien retourné. Le karma inversé à jamais. Le karma, je me mets à glousser en y pensant. Même à Copenhague, me suivrait-il ? Rester concentrés sur ce foutu match crucial à remporter coûte que coûte. L'apport envers une étudiante culotté attendra mon retour au pays. A part à Leicester, y a t il des coéquipiers qui m'avaient déjà visualisé comme si j'étais nu lors des entrainements ou en match, ou encore en soirée? Bonjour parano, avec cette connerie de me voir tel un ver de terre luisant qui jongle debout avec un ballon, la tête inférieure le propulsant par de vifs à-coups en direction des cages. Si ce genre de rêves remplaçait mes cauchemars, j'étais sauvé ! Sérieusement, moi à poil devant une fille de vingt ans que j'ai rencontrée il y a une semaine, rien que pour qu'elle me prenne en photo? Pincez-moi, c'est du pur délire de taré.
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Caolan Shilliday
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MessageSujet: Re: Caolan Shilliday • Relever un défi osé ?    Mer 16 Aoû - 23:14

Il n'y a rien de pire dans une descente aux Enfers,
que de se rendre compte qu'on peut y plonger en un éclair
Des pas s'annoncent dans le couloir, ralentissent, et dévoilent une silhouette qui pénètre dans la chambre. Je me lève chancelant, n'ayant rien ingurgité depuis le matin, pour autant que l'on puisse estimer des biscuits et un sachet de sucreries à l'égal d'un repas, et me laisse tomber dans les bras de l'homme.
-  Pourquoi ne pas m'avoir appelé ? Why not having .. sooner ..
Les mots se noient dans des grognements submergés par les larmes qui n'ont jamais autant coulé qu'en ce jour. Alors qu'il tente de me réconforter d'un geste physique, je tape du plat de mon poing là où mon bras se tend vers mon ancien entraineur assistant. Mais la violence est aujourd'hui dépassée par tout un tas d'autres ressentis longtemps refoulés et qui ressortent devant le tableau peu optimiste devant lequel nous ne tenons avec Roche. J'aimerais l'intimer de sortir, le menacer, lui balancer ses quatre vérités, mais même si nos rapports n'ont pas une seule fois frôlé l'excellence, ni même le plus que correct, j'ai plus que jamais besoin d'une présence après plus de trois heures assis sur cette chaise à attendre l'impossible.
- Son état?
- Faible.
- Les infirmières t'ont parlé d'amélioration?
- Non. Elles n'ont pas dit grand-chose.

Je présume que je le diagnostic vital engagé, les chances inexistantes d'en arriver à autre chose que la survie avec des conséquences irréversibles, le coma prolongé, la bataille préservant l'espoir, et tout ce genre de charabia, il l'a déjà entendu. A sa place, je ne souhaiterais pas avoir à le réécouter. Rien que de l'apprendre est déjà si douloureux. Je renifle dans sa chemise, et tourne ma tête vers le lit. Je déglutis dans le vide, mais il y a quelqu'un pour me récupérer et surtout éclairer les zones d'ombre.
- Combien de temps ?
- On ne voulait pas que ta préparation pour le match qualificatif de Champion's League soit déstabilisée par ..
- HOW LONG?!!

Menaçant d'une force insoupçonnée, le son de ma voix impose un retour. Je suis servi, sur un ton revêche qui m'aurait collé à merveille. Sauf que rien ne va à merveille.
- Ca va faire dix jours vendredi.

Définitivement je déteste ce type. Ils m'ont caché ça depuis plus d'une semaine, au nom d'une qualification du club pour lequel je porte les couleurs. Qu'importe le résultat historique en faveur du Hearts, qualifié pour la première fois de son histoire en phase de groupe de la plus prestigieuse coupe d'Europe, une question de vie ou de mort aura toujours plus de poids qu'une rencontre sportive, qu'elle s'inscrive pour devenir le symbole de toute une génération ou de tout un peuple. La preuve en est qu'au lendemain de notre victoire à Copenhague, je pris le premier vol pour Genève et je dilapidais ma prime dans un taxi jusque Grenoble. Le chauffeur mit un temps avant de repartir, croyant peut-être à des faux billets vu la hauteur du pourboire que je lui ai laissé, trop pressé que pour attendre qu'il me rende le change. J'avais reçu un appel de Stéphane Roche la célébration inachevée mais le mousseux déjà bien imprégné dans le revêtement de nos chambres d'hôtels. Je dus m'éloigner sur le balcon à cause de l'ambiance de fête à l'intérieur, et suivais les instructions d'une courtoisie que je n'avais connu de Roche qu'auparavant qu'il ne cerne le type de personnage que j'étais vraiment et qui était un véritable casse-pied, pour reprendre son expression à mon sujet. Je flairais l'embrouille dès ses félicitations trop diplomatiques, et pensais mettre le doigt sur sa combine du retour au club en accord avec le Hearts qu'il avait contacté l'avant-veille déjà et avec qui tout était arrangé. Tu rentres en France demain, je vais te donner le numéro de ton vol et demain matin je te communiquerai l'adresse où te rendre. Tu retourneras en Ecosse dans quelques jours, c'est réglé, le directeur sportif et ton coach sont au courant. Ca sentait tout de suite moins le traquenard dont je me méfiais. Autant il ne pouvait pas me piffer, autant me flouer à ce point mettait son poste et toute sa carrière en danger. Par acquis de conscience, je me suis rassuré auprès du staff avant de prendre un autre terminal à l'aéroport de Copenhague : Roche ne m'a pas menti. Mais pourquoi me donner les coordonnées d'une destination? Je n'ai pas oublié l'itinéraire jusqu'au centre de formation. Et pourquoi le vol où j'étais censé embarquer était renseigné pour la Suisse? Ces billets ont toujours été plus chers que ceux vers l'Hexagone. Ce matin, j'étais encore dans le flou quand j'ai lu son SMS avec comme renseignement le CHU de Grenoble. Fais toi y conduire. Mes clubs avisés, pouvais-je outrepasser leur approbation commune à m'envoyer là où il ne serait pas question de football?

- Comment ?
- Elle était partie dans de la famille en Ardèche. C'est arrivé alors qu'elle faisait du rafting avec ses cousins.
- Fuck. Comment tu as pu te rater, sweetie? T'étais censée m'apprendre ce genre d'activités. Qui va me les faire découvrir?

En bout de lit, ma main s'est posée sur sa cheville, à travers le drap. Trop de tuyaux, d'appareils conçus pour la maintenir en vie qui lui sont accrochés un peu partout. Je ne la reconnais pas, je ne décèle pas sa présence. Ca craint. Autant que de subit un interrogatoire pour des choses qu'on ne pourrait soi-même expliquer.

- J'aimerais savoir, Caolan. Si c'est trop personnel, je comprendrais. Mais vous entreteniez quelle relation tous les deux?
- Je peux vous répondre, je m'en fous que ça vous plaise ou pas. On reprenait contact peu à peu, via Skype. Avant l'épisode de la putain, qui m'a écarté du groupe, notre amitié était magique entre nous quatre. Et puis vous savez ce qui s'est passé, ce qui m'a amené à être rejeté du groupe, et personne à part Kylian n'a voulu me le pardonner. J'ai perdu tout ce que j'avais réussi à construire en France, d'un claquement de doigt. Et là ca fait presque trois mois qu'on a recommencé à se parler.
- Rien que de l'amitié ?
- Même pas. Je pense que j'entrais dans un long processus pour la regagner, son amitié.
- Je pense plutôt qu'elle a toujours demeuré.
- Vous avez tort. Elle m'a ignoré du jour au lendemain, ce qui ne va pas dans le sens de vos déclarations.

Le silence qui s'installe se met de mon côté, de celui de ceux qui n'y trouverait aucune logique à ce qu'avance Roche. Je deviens muet, incapable de trier les questions pour poser celle qui me préoccupe le plus. En face de moi, les pistes convergent dans l'esprit de mon interlocuteur qui ne désarçonne pas. Il se veut trop sympathique alors que nous n'avons pas enterré la hache de guerre lui et moi.
- Tu savais qu'elle s'est rendue dans les bureaux d'assistance psychologique lors de ta saison en prêt à Strasbourg?
Je n'étais pas au courant, et je ne veux pas qu'il poursuive dans cette direction qui ne mènera à rien de bon, je le sens. Alors je me tais, mais ça ne lui suffit pas pour s'en tenir là.
- Des remords, relatifs à une relation amicale d'une certaine importance à ses yeux, qu'elle n'a pas réussi à conserver. Il y aurait-il un lien à faire dans cette histoire?
- Regardez son compte facebook, vous verrez le nombre d'amis avec qui elle aurait pu se décevoir.
- Elle a commencé à sauter des entrainements.
- Qui ne l'a pas fait?
- Tu ne saisis pas. Elle commençait à te ressembler : exigeante envers elle-même, prête à exploser à la moindre altercation, injurieuse. Elle ne l'avait jamais été à l'adresse d'un de ses coéquipiers. Elle a pris ta place, et pas seulement sur une composition d'avant match.
- Quelque chose l'a retournée moralement. Mais nous avons tous nos secrets, je doute que je sois la principale cause de ce revirement de caractère chez elle.
- Tu as une idée du moment dans la saison où elle s'assagissait?
- Non.
- De juin à juillet. Quand tu revenais de ton année en prêt et que Lyon serait forcément dans les options qui s'offriraient à toi. Son humeur changea du tout au tout dès qu'elle eut vent que tu repartais en Ecosse.
- C'est bon.

Echec. A quoi bon continuer la partie avec lui? Il fait cavalier seul vers mes dernières défenses et paraît intouchable. Mes ultimes ressources s'amenuisent, il m'entraîne sur une pente trop raide à mon coeur qui n'est pas de taille à le supporter plus longtemps.
- Elle nous a même tenus ouvertement responsables de ne pas en avoir fait assez pour que tu signes à Lyon cet été. Elle a d'ailleurs pris Philippe Violeau à parti, en le qualifiant de guignol et d'amateur dans ses fonctions, comparé à Mr Bruneel qui vous a encadré il y a quelques saisons.
- Ce serait mal approprié de dire qu'elle voyait peut-être juste.
- Qu'elle le pense est une chose, qu'elle le dise en est une autre.
- Comme je l'ai dit, et je ne sais pas de quoi il en retourne, elle a vécu un traumatisme.
- Votre départ, Caolan. Sa fierté, elle la portait en vous.


Echec et mat. Toute mon âme était renversée, convulsant sous le poids des mots et de ces épisodes que j'ignorais. Comment se relever après ces explications? Que penser de ce qui aurait pu être et qui n'a pas été, entre deux chevaux qui portaient des oeillères, chacun dans son champ, et ruminaient leur amertume de ne pas se trouver dans la même pâture? C'est le moment de lui demander d'aller se faire foutre, car je perds mes moyens. Ca se comprend à deux cent kilomètres à la ronde. Putains de talons d'Achille. Qu'importe si Kelsey est le droit ou le gauche, et Sabrina l'autre. Je sors de la chambre éclairée et les néons de l'allée crépitent à mon passage. Je m'éloigne et fait halte devant le distributeur de boissons. Les membres gelés, je bous depuis mes tripes. Je me soutiens à la machine, hoquette, puis me libère, agenouillé devant le clapet où tombent les canettes de soda. Pourquoi les lampes ne veulent s'éteindre et me renfermer dans l'ombre de ce cauchemar? Je glapis, mais c'est le bruit du plastique ondulé sous mes frappes qui alerte le personnel d'étage. On me somme d'arrêter et me tire par les épaules, vers l'arrière. Je ne me débats pas, ne cherche à blesser personne. Je suis trop écorché que pour finir vainqueur de cette lutte que je laisse entre les mains de cette fille avec qui je partage plus de points communs que le poste d'ailier droit. Faible, je ne peux pas me battre pour elle, pour son avenir, qu'il soit lié au mien ou pas. J'en suis incapable, je ne mérite pas cette prétendue fierté. Il me manque tellement de choses pour que je sois un espèce de modèle du genre qu'elle aurait voulu se donner. Elle n'a pas besoin de moi pour être belle et forte, de caractère et talentueuse. C'est inné en elle, qui l'a déjà démontré. Une main s'accroche à mon omoplate. C'est Roche.

- Je te reconduis à ton studio?
- J'aimerais rester.
- Ce serait mieux que tu prennes le temps d'encaisser.
- Je pense que c'est fait, je ne veux pas m'enfermer dans un deux pièces.
- A ta place ..
- Ma place ? Elle est auprès d'elle.

Moment d'hésitation de sa part, mais il se ravise, réfléchit, et acquiesce après que j'aie insisté d'un s'il vous plaît.
- Comme tu veux, mon garçon.
Je l'ai serré pour sa compréhension, dans un silence restauré après ma crise.
- Tiens bon. Dis lui de ne rien lâcher et de continuer son combat.
Il prend ensuite la direction de l'ascenseur sans même retourner voir Sab.
- Roche!
Il pivote alors que la cage s'entrouvre.
- Merci.
Son sourire est retenu, il ne me répond pas et s'engage dans la descente vers le sous-sol pour récupérer sa voiture dans le parking. Un einfirmière me surveille du coin de l'oeil, mais je reprends calmement ma position assise dans la chaise à côté du lit. J'attrape la main de la plus offensive de la fratrie des Dumont, l'embrasse sur le majeur et l'index au dessus de la perfusion. T'es pas obligée de le faire pour moi. Fais le pour tous ceux qui ne t'ont jamais déçu. Pour ta soeur et ton frère. Nous deux, on remettra les choses au clair quand tu te réveilleras. Promis. Je tremble de partout et peine à articuler, même en me rabattant sur l'anglais dans mon monologue. Ses constantes sont stables, et mon espiègle voleuse de titularisation naviguera toujours dans ce coma tout le temps que je passerai à moitié endormi, ne la quittant que trois fois par vingt quatre heures, et jamais plus de dix minutes.
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MessageSujet: Re: Caolan Shilliday • Relever un défi osé ?    Ven 18 Aoû - 3:09

Diamonds are forever?
Non, il ne faut pas rêver
Le retour dans la capitale écossaise est le pire que j'ai connu. J'erre dans la ville, je me demande ce que je fais là, pour quelle raison je ne suis pas resté au chevet de Sabrina. La vie continue, me diront certains. Pour moi, oui. Mais pour Sabrina, tout s'est figé sans pour autant que le temps ne l'attende. Quand elle reviendra à elle, il lui subsistera un grand trou noir duquel elle ne pourra extirper aucun souvenir aucun goal achevé avec brio, aucune qualificaton historique, mais une seule et unique victoire sur le destin.

En réinsérant la carte de l'opérateur britannique dans mon téléphone, je découvre deux textos ainsi qu'un appel en absence de la part d'Alexiss. Je l'ai oubliée avec l'enchaînement de circonstances, alors que je lui avais clairement stipulé que je prendrais ma décision après le match retour des barrages de ligue des champions. Sa demande intervient dans une mauvaise période, d'incertitude et de perdition dans une montagne de regrets par rapport à un temps perdu, passé aveugle devant un constat qui se dressait devant ceux qui le devinaient aisément et dont je ne faisais pas partie. Je ne peux dès lors pas donner de mon image, même la plus pudique, dans de telles conditions morales déplorables. J'y pense pendant plusieurs jours, qui passent sans qu'elle n'insiste. Je me décide de composer son numéro, mais raccroche au bout de la seconde sonnerie. Un message écrit sera plus approprié : qu'elle passe à l'appartement. Je lui couche mon adresse, lui conseille une heure. Mercredi quinze heures.

Ponctuelle, elle se laisse escorter dans une ambiance de monastère à l'intérieur de la tanière du loup apeuré. Elle se met à l'aise tandis que je n'y suis pas trop. Mais à chacun ses commodités, et tant pis pour ma gueule. Elle remet son plan pratique sur la table, mais je n'y autorise que deux cadavres de bières que je lui ai proposées et qu'elle n'a pas refusé. Un accord en échange d'un autre? Pas ainsi, pas là. Une autre Heineken? Pourquoi pas? Elle s'y oppose mais siffle quand même le goulot de celle que je me suis décapsulée après avoir estimé avoir le tank solide pour une descente supplémentaire. Elle tient mieux que d'autres filles que je connais et qui seraient déjà dans le gaz en terminant ses premiers vingt cinq centilitres. Je m'allonge sur le dos sur mon lit que j'ai depuis mon emménagement déplacé dans le selon dans une volonté de faciliter mon accès aux endroits vitaux des quarante-deux mètres carrés. Un sommier bas, même pas rehaussé de quinze centimètres du sol, qui confondrait le matelas avec une structure gonflable posée à même le parquet. Alexiss m'imite dans cette structure en 140 par 160, et je lui raconte tout : Sabrina, l'erreur qui m'a mis tout le vestiaire lyonnais à dos, Kelsey, et ma stupidité de m'être expatrié plutôt que d'accepter Londres. Il n'est question que de mes choix ratés et de ce que le karma a décidé de me faire subir en contrepartie. Alexiss a le droit de s'en foutre de ce que je lui raconte, quoi qu'elle ne quitte plus le plumard.

Je me mets à nu ce soir. N'est-ce pas ce qu'elle voulait? Je ne lui serai pas un modèle, ni un cobaye. Je ne serai juste que la représentation d'un échec, peu importe le nombre de buts, de passes décisives que je presterai au cours de la saison. Peu importe si je suis cité comme un joueur à suivre de plus près en Scottish League. Je décharge ma peine, me vide de mes afflictions et part dans mon imaginaire me baigner dans le fleuve, vêtu de mon plus simple appareil. Le suis-je également, étalé de mon long par-dessus ces draps, le regard ancré au plafond? C'est exigu pour deux, nos phalanges adhérent. Je prends son poignet et le dépose sur ma poitrine. Alexiss pourra confirmer ou infirmer que mon corps se bat encore pour une quelconque raison existentielle. J'incline la tête vers elle et la rapproche pour lui bénir le front ou la pommette.
- On te trouvera un dieu grec pour ton apprentissage.
La promesse équivaut à un refus quant à ce que je m'implique personnellement dans son projet. J'enrobe la moitié de son visage, l'enlace de mon bras qui nous enserre en travers. Si elle souhaite dormir ici, elle en est libre. Le frigo, pour le peu qu'il contient un minimum d'aliments, elle peut s'y servir. La salle de bains, pour autant qu'on ferme les yeux sur les affaires qui jonchent le sol, elle peut l'utiliser. Mon image par contre attendra, que ça lui plaise ou pas. D'ailleurs, encore une fois, pourquoi moi?

Demain matin il y a des chances pour qu'Alexiss soit toujours là. Alors qu'à mille cinq cent kilomètres de nous, l'un des responsables du service de réanimation en neurochirurgie demandera à Monsieur et Madame Dumont s'ils souhaitent garder espoir ou débrancher l'assistance respiratoire qui maintient leur fille en vie.
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FIN DE CE CHAPITRE


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MessageSujet: Re: Caolan Shilliday • Relever un défi osé ?    Dim 27 Aoû - 10:00

Bien que déçue de votre refus de l'aider dans ses études, Alexiss n'en reste pas moins persuadée que vous êtes un homme bien. Elle parle alors de votre nuit de grande proximité, sans dévoiler les détails, aux journalistes écossais. Le portrait élogieux qu'elle fait de vous donne aux écossais une bonne image de votre personne. Ainsi vous remportez 3 points de popularité et un point de réputation.

A jour.



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MessageSujet: Re: Caolan Shilliday • Relever un défi osé ?    

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